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Marie-Joseph Lagrange. (1855-1938). Dominicain.

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Père Marie-Joseph LAGRANGE (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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Après des études de droit, Marie-Joseph Lagrange entre, dans un premier temps au Séminaire de Saint-Sulpice à Issy, (en 1878-1879, soit deux ans après Jacques Thomas), où il lie avec Pierre Batiffol (futur Recteur de l´Institut Catholique de Toulouse, de 1897 à 1907) une amitié très étroite, dont le goût des études bibliques et philologiques était le fondement intellectuel.
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Mais, en octobre 1879, il entre au noviciat des Dominicains à Saint-Maximin. A la suite de l´expulsion de France des religieux en 1880, il étudie pendant quatre ans la théologie scolastique à Salamanque avant d´y enseigner durant deux ans l´histoire ecclésiastique.
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Le scolasticat des Frères Prêcheurs revenant à Toulouse, il y enseigne de 1886 à 1888 la Philosophie et l´Ecriture Sainte.
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Conscient de ses lacunes, il décide de se consacrer davantage à l´étude de l´Ecriture Sainte « aidé par le charmant érudit que fut l´abbé Thomas... professeur à l´Institut Catholique [qui] m´initie comme ami à ces Livres Saints que j´étais chargé d´expliquer »
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Pour approfondir ses connaissances exégétiques, il étudie pendant trois semestres les langues orientales à l´Université de Vienne.
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En 1892 il fonde « La Revue Biblique » destinée à diffuser les recherches archéologiques, épigraphiques et exégétiques de l´Ecole de Jérusalem.
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Jacques Thomas soutient et conseille le P. Lagrange dans ses projets, dans l´élaboration de l´Ecole et la Revue.
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A l´invitation de son ancien compagnon de Saint-Sulpice, Pierre Batiffol, devenu Recteur de l´Institut Catholique de Toulouse, le P. Lagrange vient à Toulouse en novembre 1902 faire six conférences sur «La méthode historique surtout dans l´exégèse de l´Ancien Testament».
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« Mgr. Batiffol souhaitait vivement mon succés, mais il ne voulait pas de tapage. Il avait fait choix d´une salle qui ne pouvait guère tenir plus de deux cent personnes ; les dames étaient exclues sauf autorisation spéciale qui n´était concédée qu´à une dizaine... il y eut cependant pas mal de bruit. On alla se plaindre à l´archevéché de la nouveauté de la doctrine... ».
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Le jour où le P. Lagrange prononçait sa cinquième conférence (le 10 novembre) sortait à Paris le livre d´Alfred Loisy sur « L´Evangile et l´Eglise » qui provoqua l´explosion de la crise moderniste.
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Il faut citer ce que disait Mgr. P. Batiffol de ces conférences, à l´occasion du jubilé de l´Institut Catholique, le 12 novembre 1902 :
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« M. l´abbé Jacques Thomas inaugurait ici un enseignement scripturaire dont nous n´avons connu que les promesses, trop tôt et si douloureusement déçues, mais dont les six leçons que vient de nous donner sur l´Ancien Testament son ami le R. P. Lagrange, avec une si riche et si forte doctrine, nous ont fait goûter le fruit mûr et fortifiant ».
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Père Marie-Joseph LAGRANGE (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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C´est au début de 1903 que paraît le petit volume de « La Méthode historique » contenant les conférences de Toulouse.
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Les idées défendues par le P. Lagrange étaient celles qu´il avait déjà souvent exposées dans « La Revue Biblique », mais leur présentation à un plus grand public, leur application à des cas concrets, ont fait apparaître ce livre comme le manifeste d´une nouvelle tendance d´exégèse et lui vaudront une vive opposition.
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Le P. Lagrange y soutient la légitimité d´appliquer la critique historique au texte sacré, quitte à revenir sur les attributions traditionnelles. La Bible révèle l´histoire du salut, elle ne récèle pas les annales de l´humanité. Elle ne cesse pas pour autant d´être un livre d´histoire, mais il faut juger de la valeur historique de chacun des récits en fonction de son genre littéraire.
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C´est en 1903 également que le P. Lagrange est nommé, par le pape Léon XIII, consulteur de la Commission pontificale pour les Etudes bibliques. « L´Ami du Clergé » du 17 septembre 1903 le présente comme le « principal représentant en France de l´école critique modérée » et précise :« L´exégèse française ne peut qu´être honorée de ce choix ; la Direction de la Revue Biblique et l´ Ecole pratique d´Etudes bibliques y verront à bon droit, sinon la consécration de toutes leurs idées, du moins un juste hommage rendu au dévouement plein d´abnégation et à l´infatigable énergie avec lesquels elles se sont efforcées de promouvoir le développement des études scripturaires».
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