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Christophe Plantin et la dynastie Plantin-Moretus

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Portrait en médaillon de Christophe Plantin (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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Le fondateur de l´officine Plantinienne, Christophe Plantin, est originaire de Saint-Avertin dans la région de Tours. La date de sa naissance n´est pas connue avec certitude : 1514 ou plutôt 1520.
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Il perd sa mère fort jeune. Aussi son père, fuyant la peste se rend à Lyon sous la protection de la famille Porret. Christophe Plantin entre en apprentissage à Caen chez l´imprimeur Robert Macé II pour apprendre le métier d´imprimeur et de relieur.
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Là, il fait la connaissance de Jeanne Rivière qu´il épouse en 1545 ou 1546. Il exerce quelque temps la profession de libraire à Paris.
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En 1549, il vient s´établir à Anvers, qui était alors, après la capitale de la France, la ville la plus florissante d´Europe. Il y débute comme artisan du cuir : confection de reliures, coffrets, cassettes, écrins, étuis... Il se fait bientôt une réputation d´habile ouvrier.
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A la suite d´un coup d´épée dans l´épaule, il abandonne son métier de relieur et devient imprimeur à partir de 1555. De 1555 à 1562, il ne publie qu´un nombre relativement restreint d´ouvrages et les progrès de cette première époque sont assez modestes.
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1ère marque de Christophe Plantin (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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En 1562, accusé d´avoir imprimé des livres hérétiques, il se réfugie à Paris. De retour à Anvers un an plus tard, il peut former une société d´édition avec plusieurs riches bourgeois d´Anvers : Corneille et Charles Van Bomberghe, Jacques de Schotti, un banquier et Goropius Becanus, un médecin. Plantin est nommé directeur-gérant de l´association. Pendant les cinq ans que dure cette association, 260 ouvrages (auteurs classiques, bibles en hébreu, ouvrages liturgiques) sortent des presses plantiniennes.
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2ème marque de Christophe Plantin (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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A l´issue de cette réalisation, Plantin est honoré du titre d´architypographe du roi, et obtient le monopole de l´impression des livres liturgiques pour l´Espagne et les pays dépendant de la monarchie. Ce privilège permit par la suite d´assurer la prospérité de la famille Plantin-Moretus.
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En 1567, Plantin établit une succursale à Paris, dont il confie la direction à son ami fraternel Pierre Porret, assisté de son commis Egide Beys, qui plus tard épousera Madeleine, la fille cadette de Plantin.
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Imprimerie de Plantin à Anvers (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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De 1564 à 1576, Christophe Plantin transfere ses ateliers d´Anvers et sa boutique dans une maison qu´il appelle le Compas d´Or en adéquation avec sa marque d´imprimeur.
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 | |  | Marque au Compas de Christophe Plantin (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT) |
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A partir de 1572, les missels, les bréviaires, les diurnaux, les psautiers, les antiphonaires, les offices de la vierge, en tout format, sortent de l´officine anversoise par dizaine de milliers. Plantin cependant ne recueille de ces privilèges et des faveurs royales que des pertes et des embarras pécuniers.
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Les ateliers de Plantin s´établissent définitivement sur la place dite du « marché du vendredi » en 1576, année où la mise à sac de la ville par les Espagnols provoque un sérieux ralentissement des affaires qui se terminera par la ruine d´Anvers.
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Appelé à Leyde en 1583 par l´humaniste flamand Juste Lipse dont il devient l´ami et l´imprimeur attitré, il fonde une nouvelle maison d´imprimerie.
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Lorsque Plantin, en 1585 revient à Anvers, il cède la maison de Leyde à son beau-fils Raphelengien, qui avait épousé sa fille aînée Marguerite. Leurs fils continuerent d´exploiter l´officine jusqu´en 1619. Plantin n´ayant pas eu de fils, favorise considérablement son gendre Jean Moerentorf (Moretus) marié à sa seconde fille en lui donnant, par prélegs, l´imprimerie et la boutique d´Anvers.
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Christophe Plantin meurt à Anvers le premier juillet 1589, il est inhumé dans la cathédrale Notre-Dame.
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Il avait pris pour devise « Labore et Constantia », « Par le travail et par la Persévérance » et jamais devise ne fut plus complètement justifiée.
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Sa réputation s´était répandue par toute l´Europe. La moyenne des livres qu´il édita était de cinquante par an et leur total dépasse 1500 éditions.
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A son apogée, son imprimerie a représenté l´un des plus grands commerces du livre du XVIème. Il a eu jusqu'à 24 presses en activité ; il a réuni une collection unique de poinçons et de matrices ; plus de 100 ouvriers ont travaillé dans son atelier et il a eu des dépôts ou des correspondants dans toutes les villes d´Europe, de Francfort à Paris, de Dantzig à Bergen, de Lyon à Nuremberg, de Venise à Madrid, de Rouen à Lisbonne et à Londres.
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Aucune branche des études d´alors n´est absente des annales plantiniennes : théologie, auteurs classiques, livres de science, de philologie, de jurisprudence, impressions grecques et hébraïques et jusqu'à la chiromancie, la gastronomie et la confiserie !
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Plantin a ainsi créé la plus puissante « manufacture de livres » qui exista, et ce jusqu´au XIXème siècle. Tous ces livres étaient exécutés avec le plus grand soin, plusieurs étaient illustrés avec goût.
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Plantin, à l´exemple de Robert Estienne, exposait devant sa porte ses épreuves en promettant une récompense à ceux qui y découvriraient quelques fautes.
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Il était également en relations quotidiennes avec les artistes-peintres d´Anvers dont faisait partie Jérôme Cock, grand marchand d´estampes.
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Aussi, Plantin fut le premier à prendre l´habitude de faire illustrer certains de ses livres au moyen de planches gravées sur cuivre en creux.
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Il eut recours aux services des meilleurs burinistes de l´école anversoise, Pierre Van der Borcht, les Huys ou encore les frères Wiericx (qui ont réalisé les planches illustrées de la Bible Polyglotte ).
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Après la mort de Christophe Plantin, Jean Moretus continua l´imprimerie Plantinienne. Il suivit les traces et respecta les traditions de son prédécesseur, ses impressions sont aussi soignées que celles de Plantin.
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De 1610 jusqu´en 1641, Balthasar Moretus I fut le plus célèbre de la dynastie plantinienne. Il sut donner une impulsion nouvelle à l´officine, et la reconnaissance fut presqu´aussi importante que celle du vivant de Plantin.
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Ami de Pierre-Paul Rubens, celui-ci dessinera de beaux frontispices mais également les portraits de la famille Plantin-Moretus.
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Après lui, l´exploitation du privilège des livres liturgiques devint la principale occupation des chefs de l´architypographie. En 1876, l´imprimerie cesse son activité et est rachetée par la ville d´Anvers.
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Transformée en musée, elle abrite aujourd´hui une riche collection de matrices, poinçons, bois et cuivres, ainsi qu´environ 30 000 volumes.
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Bible. (Latin). 1583. (Droits d'auteurs Bibliothèque ICT)
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